Aimer la brume
Il y a ces moments où tout me semble vain et où chaque cause d'effort me semble vaine. Aujourd'hui est l'un de ces jours.
Quelle réaction est-ce qu'il faut avoir face à l'écoeurement de quelque chose? Il y a la saturation. Il y a le manque de satisfaction. Et il y a aussi la perte de vue de la valeur des choses. L'herbe est toujours plus verte du côté du voisin.
J'ai comme toujours cette peur de pedre à jamais le contact avec ce que j'aime si je ne combat pas exactement ce sentiment. Il y a comme un jugement face à ma propre motivation intrinsèque et ma légitimité à faire cette activité.
Il y a une couleur, une odeur similaire au sentiment qui émerge en moi quand vient le temps de me coucher. Quand il faut accepter la fatigue et la faiblesse. Une sorte de combat contre la confusion. Un refus de lâcher prise. Comme un haltérophile épuisé qui refuserait de lâcher son poids. Il y a quelque chose. Un refus de vulnérabilité. Ça me perd.
Ça sent la fuite...
Vous trouvez pas qu'il y a quelque chose de magique à la brume. L'espèce de sensation magique d'être perdu dans le flou. De voir des ombres vagues d'objets familiers se dessiner sur le chemin. Il y a comme un temps d'arrêt forcé. Lemonde tombe alors en pause. On a la ville pour soi. Ça me manque cette quiétude en nature. J'ai besoin de vacances.
J'aimerais pouvoir garder une perspective observatrice lucide face à mon propre épuisement. Mais le brouillard mental fait partie de la vie. Il arrive dans les moments saturants. Dans les flous. Dans la naissance des choses nouvelles.
J'aimerais être 100% en contact avec moi-même. Mais ce rapprochement se fait sans doute d'abord par l'expérience. On se lance dans le bac à sable, on fait n'importe quoi et on finit avec du sable dans les yeux.
Je me lève encore les yeux irrités. La grande conquête sera pour une autre fois!
Mais si jamais c'était maintenant !? Si c'était maintenant que j'étais enfin lucide et que j'avais besoin d'exister. L'éclaircie est maintenant. Le ciel est bleu à cette heure et pas à une autre. Et puis, c'est tellement libérateur de se lancer dans dix-milles futurs possible. D'avoir cette porte entre-ouverte sur le potentiel... le miens celui du monde, et celui qui m'échape qui est en moi.
Je n'arriverai jamais même à concevoir ou intégrer dans ma vision du monde la complexité de mes propres rêves... Mais demain, il faut travailler.
Ce serait tellement beau de jumeler ces deux mondes.